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VENEZ VOYAGER DANS LE CALME

Lecteur, prenez le temps de vous installer confortablement pour vous offrir un long moment de détente. Mettez-vous une musique douce en fond sonore et Voyagez, Voyagez sans quitter votre intérieur.

 

Je m'essaye parfois aux vers libres et comme arrivent les vacances voici un texte pour clore l'année scolaire.

A tous ceux qui partent je vous souhaite du soleil et des vacances reposantes.




Les galoches d'enfants qui frappent le pavé,

Un joyeux tintamarre.

Les platanes géants à l'écorce tatouée

Gardent le boulevard.

Des petits yeux gourmands collés à la vitrine

Soupèsent les bonbons.

Écho des promeneurs, croix de la pharmacie,

Chien pelé en errance.

Froid monument aux morts dressant le souvenir

Pour tous les égoïstes.

Une vieille au cabas, la mairie endormie,

Balai du cantonnier.

Le soleil printanier, nuages modelés,

Recherche de dessins.

L'affiche du ciné, vivement samedi !

L'aventure à l'écran.

Un passage à niveau sur la voie du lointain

Où voyagent les rêves.

A trois sur un vélo, les gendarmes patrouillent

Une course effrénée.

La sonnette tirée, menace de fessée

Mais un sourire en coin.

Capture d'un grillon, pillage d'un jardin,

Des fraises plein la bouche.

Croisement de deux rues, un salut de la main,

« A demain les copains. »

Une brassée de fleurs constituée en chemin

Je rentre de l'école.





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Je le voyais marcher en zigzags chaque soir,

Les cernes des abus soulignaient la paupière,

Le menton en galoche ignorait le rasoir

Et le nez long ... mais long en lame de rapière.


Sur son dos affaissé pendouillait sa guenille,

Un pan de tissu vert tout poisseux et puant ;

Rogaton d'un manteau devenu souquenille

Abritant sa charpente aux vents la secouant.


Il poussait certains jours une antique poussette,

Carcasse d'un landau lui servant de fardier,

Dans laquelle il jetait les fruits de sa cueillette

Qu'il allait grappiller à l'océan bordier.


Des huîtres et bigorneaux et quelquefois des praires

Qu'il vendait par la ville en frappant aux maisons.

Ou bien allait bêcher pour grossir ses salaires :

Résultat des travaux offerts par les saisons.


Quand ma mère achetait son lot de coquillages

Je le voyais alors lever son couvre-chef

Et la remercier par quelques bredouillages

Avant de s'en aller au bistrot derechef.


C'était un vrai poivrot pourtant plein de mérite

Car il n'alla jamais quémander un secours

Préférant vivoter, ne point être hypocrite

En gagnant pain et vin par d'émouvants discours.


L'époque le voulait, pas d'argent en cascade

Sinon par les efforts sur un lieu de travail

Et le Titi Pinoche aux vingt pleins par décade

N'a jamais au labeur joué l'épouvantail.


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Quand dans l'air du salon la musique s'éveille

Aux accents de Mozart, aux notes de Chopin,

Je vois par ma lucarne un monde qu'on repeint

Aux couleurs des accords caressant mon oreille.


Le piano colore au blanc de chaque touche

Un monde enluminé de croches en ruisseau

Suivant la barcarole au-dessus du vaisseau

Que mène un gondolier, le refrain à la bouche.


Arrive le zéphyr qu'un violon devance,

Il roule en tourbillons les feuilles des jardins,

Puis le trait de l'archet les aligne en andains

Pour poser sur leurs corps un instant de silence.


La cadence reprend pour la danse des heures,

Tintinnabulements sortant d'un carillon

En fugace tempo d'un vol de papillon

Annonçant, Gioconda, que d'ici peu tu meures.


Contrebasses geignant la rhapsodie hongroise

Noircissent les stratus avant que les hautbois,

Les altos endiablés qu'on croyait aux abois

Allument un cancan de butte Montmartroise.


Puis monte un lamento d'une femme amoureuse

Aria qui flétrit la fleur Violetta.

Chant de peine et d'amour de la Traviata

Dont l'écho me façonne une âme douloureuse.


La musique et le chant m'emportent en voyage

Où vaque mon esprit sur fond de fugato

Qui ne m'appartient plus et suit en spiccato

La fugue le drainant au fil de son sillage.


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L'une se tient à dextre et l'autre est à senestre

Au bout de mes deux bras qui les suivent partout.

Elles sont au toucher les baguettes d'orchestre

De mes sensations d'éternel touche-à-tout.


Elles sont professeurs quand dans les chaleurs douces

Je vais m'asseoir au banc ombragé par mon if ;

Doigts croisés sur le ventre elles tournent leurs pouces

Pour m'apprendre comment on peut rester oisif.


L'une est repose-front quand l'autre est porte-plume

Les soirs où je noircis des feuilles de vélin

Et parfois elles font le marteau sur l'enclume

Quand mon vers s'évertue à rester orphelin.


Quand éclot le besoin d'un instant de tendresse

Pour celle qui me fait partager son plaisir,

Mes mains ne sont que bise apportant la caresse

D'une quiète chaleur avivant le désir.


Elles savent montrer qu'un instant de colère

Peut parfois résider au fond de mes deux poings

Quand ils vont tournoyer en danse de phalère

Pour aller corriger, sur les i, quelques points.


Puis vont se transformer en d'accueillantes grottes

Réchauffant mon hiver de plaisirs triomphants,

Quand viennent s'y loger les petites menottes

Que m'offre tout l'amour de mes petits-enfants.


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